Le rami contrat est un jeu de cartes où chaque joueur doit, à chaque manche, poser une combinaison imposée avant de jeter sa dernière carte : deux brelans d'abord, puis un brelan et une suite, jusqu'à trois suites. Sept manches, et le joueur au plus petit total l'emporte.
- Joueurs
- de trois à huit, avec deux à quatre paquets de 54 cartes mélangés.
- Objectif de chaque manche
- remplir le contrat imposé, puis se débarrasser de toutes ses cartes avant les autres.
- Durée
- sept manches, chacune plus exigeante que la précédente.
- Vainqueur
- celui qui garde le plus petit total après la septième donne.
D'où vient le rami à contrats ?
Le rami à contrats vient des États-Unis, où il serait apparu pendant la Seconde Guerre mondiale selon l'article Contract rummy de Wikipédia en anglais. On le croise aussi sous les noms de joker rummy ou de combination rummy ; en France, les tables parlent de rami contrat ou de rami à contrats. Ce sont les mêmes règles sous des noms différents.
L'histoire de ces jeux de cartes reste peu documentée, et aucune date précise ne fait autorité. Le Liverpool rummy, joué en Amérique du Nord, en est une déclinaison proche : il reprend le principe des contrats successifs avec sa propre liste de combinaisons. En France, le rami contrat circule surtout en famille et entre amis, à côté de jeux plus traditionnels comme la canasta, autre membre de la famille du rami.
Parmi les jeux de cartes de la famille du rami, il se distingue par sa progression. Le rami classique, le rami 51 ou le gin rami gardent la même exigence du premier au dernier tour, alors qu'ici chaque manche ajoute une combinaison ou remplace un brelan par une suite. Pour situer cette version face aux autres, la page qui compare rami 51, gin rami et rami sec sert de point de départ.
Pour aller droit au but
Que faut-il pour jouer une partie ?
Une partie de rami contrat demande peu de matériel, mais il faut plus de cartes qu'au rami habituel :
- deux paquets de 54 cartes, jokers compris, jusqu'à quatre joueurs ;
- trois paquets à cinq ou six joueurs, quatre paquets à sept ou huit ;
- une feuille et un crayon pour noter les totaux de chaque manche ;
- une table assez grande, car les combinaisons posées restent visibles jusqu'à la fin de la donne.
Le jeu accueille de trois à huit joueurs. Les jokers sont libres et remplacent n'importe quelle carte ; l'as se place en haut ou en bas d'une suite. Pour noter les résultats, une grille de sept lignes tracée sur le modèle de la feuille de score à remplir sans erreur suffit : on inscrit le contrat de chaque manche dans la première colonne, les totaux de chacun à côté.
Les sept contrats, manche après manche
Les règles du rami contrat tiennent dans un tableau : la distribution change après la quatrième manche, et le nombre minimum de cartes à poser augmente d'une unité à chaque donne. Le donneur tourne vers la gauche à chaque manche ; le reste du paquet forme la pioche, dont la première carte est retournée face visible pour démarrer la défausse.
| Manche | Cartes distribuées | Contrat à poser | Cartes posées au minimum |
|---|---|---|---|
| 1 | 10 | deux brelans | 6 |
| 2 | 10 | un brelan et une suite | 7 |
| 3 | 10 | deux suites | 8 |
| 4 | 10 | trois brelans | 9 |
| 5 | 12 | deux brelans et une suite | 10 |
| 6 | 12 | un brelan et deux suites | 11 |
| 7 | 12 | trois suites | 12 |
À la septième manche, les trois suites de quatre cartes consomment les douze cartes reçues : le joueur qui les réunit pose tout son jeu d'un coup, sans défausse possible avant, ce qui rend cette dernière donne souvent la plus longue.
Brelan et suite : ce qui compte comme combinaison
Au rami contrat, le brelan réunit trois cartes de même valeur, sans condition de couleur puisque plusieurs paquets sont mélangés : trois valets de cœur forment donc un brelan valable. La suite compte au moins quatre cartes qui se suivent dans la même couleur, d'où la dernière colonne du tableau. Le contrat se pose en une fois, et rien d'autre : impossible d'ajouter dans le même geste une carte isolée. Pour le reste, les termes brelan, suite, pioche et défausse gardent le sens donné dans le lexique des mots de la table.
Comment se déroule un tour de jeu ?
Un tour de rami contrat suit le schéma du rami ordinaire : le joueur prend la carte du dessus de la pioche ou celle de la défausse, organise son jeu, puis jette une carte face visible. Tant qu'il n'a pas posé son contrat, il ne peut rien étaler d'autre sur la table.
La particularité tient à l'achat. Si le joueur dont c'est le tour ne veut pas de la carte jetée, un autre peut la réclamer ; le premier qui la demande la prend, et reçoit en plus une carte de pénalité tirée de la pioche. Ce mécanisme aide à remplir son contrat, mais alourdit la main : deux cartes de plus à placer, et autant de valeurs à compter si la manche se termine avant qu'on ait posé.
Compléter les combinaisons après son contrat
Une fois son contrat posé, le joueur peut ajouter des cartes à toutes les combinaisons de la table, y compris celles de ses adversaires, à condition qu'elles restent valides : un quatrième roi sur un brelan de rois, un 9 au bout d'une suite 5-6-7-8 de la même couleur. Un joker placé dans une suite peut être échangé contre la vraie carte qu'il remplace, puis réutilisé ailleurs. C'est souvent ce remplacement qui permet de finir la manche en un ou deux tours.
Un exemple concret : à la deuxième manche, un joueur pose un brelan de 8 et la suite 4-5-6-7 de pique. Au tour suivant, il ajoute le 8 de pique au bout de sa suite, puis un 3 de pique devant, et place un 9 sur la suite d'un adversaire. Autre exemple, à la quatrième manche : celui qui a posé ses trois brelans peut vider sa main en complétant les brelans des autres, ce qui accélère nettement le déroulement de la fin de donne.
Rami contrat : les cas qui divisent une table
Peut-on poser davantage que le contrat demandé ?
Le contrat se pose tel qu'il est écrit, en une fois. Les cartes en plus attendent le tour suivant, où elles peuvent rejoindre les combinaisons déjà posées, les siennes comme celles des autres.
Combien de cartes peut-on acheter dans une manche ?
La règle de référence ne fixe pas toujours de plafond, et les tables en décident différemment. Mieux vaut le trancher avant la première donne, avec les autres règles maison à fixer avant de jouer, plutôt qu'au milieu d'une manche disputée.
Que faire quand la pioche est vide ?
Avec deux paquets ou plus, la situation reste rare, mais elle arrive aux dernières manches. La solution la plus répandue consiste à garder la carte du dessus de la défausse et à remélanger le reste pour former une nouvelle pioche.
Fin de manche et décompte des points
Une manche de rami contrat s'arrête quand un joueur jette ou pose sa dernière carte. Il marque zéro ; les autres additionnent la valeur des cartes qui leur restent en main, selon ce barème :
| Carte restée en main | Valeur comptée |
|---|---|
| de 2 à 10 | la valeur faciale |
| valet, dame, roi | 10 |
| as | 15 |
| joker | 15 ou 20 selon les tables |
L'article de référence cite les deux valeurs du joker : à choisir avant de commencer. Après la septième manche, le joueur au plus petit total gagne la partie. Le décompte se fait comme au rami habituel, et la méthode pour compter les points à la fin d'une manche s'applique telle quelle.
Préparer chaque contrat selon la manche
Le rami contrat récompense le joueur qui adapte sa main au contrat du moment, ce qu'aucune autre version ne demande avec la même netteté. Quelques repères tirés de la structure du jeu :
- Manches à brelans (1 et 4) : avec plusieurs paquets mélangés, les paires se forment vite ; garder les doubles et lâcher les cartes isolées de haute valeur, qui pèsent lourd au décompte.
- Manches à suites (3 et 7) : une suite exige la même couleur, donc les cartes voisines d'une même couleur valent plus qu'une paire ; un joker y gagne en importance.
- Manches mixtes (2, 5 et 6) : l'achat d'une carte jetée devient tentant, mais chaque achat ajoute une carte de pénalité ; il se justifie quand il complète une combinaison, rarement pour une simple possibilité.
Ces conseils découlent des règles elles-mêmes, pas d'un relevé de parties. Le rami contrat se joue pour le plaisir, sans argent sur la table : les totaux servent seulement à désigner le vainqueur, comme sur les sites de rami en ligne sans argent. Son cousin jamaïcain, le kalooki et ses neuf manches, pousse la logique des contrats encore plus loin.
Sources : article Contract rummy de Wikipédia en anglais (origine, paquets, contrats, achat de carte, valeur des cartes).














