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Les variantes du rami et ce qui change de l'une à l'autre

Les variantes du rami et ce qui change de l'une à l'autre

Les variantes du rami, du rami 51 au gin rami, partagent un même jeu de cartes et un même but du jeu : chaque joueur place chaque carte de sa main dans une combinaison avant les autres joueurs. Les règles du rami changent ensuite le nombre de cartes, l'ouverture et les points, donc la stratégie pour jouer et gagner la partie.

Au sommaire de cette rubrique : 4 articles

Ce qui ne bouge jamais
Une combinaison se forme en suite de même couleur, en brelan ou en carré ; une pioche, une défausse et un joueur qui place sa dernière carte pour finir.
Ce que chaque variante règle à sa façon
Le nombre de cartes en main, l'ouverture (51 points, une suite pure, un contrat ou aucune pose), la place du joker et le décompte.
Le bon réflexe
Annoncer la version et ses réglages avant la donne, pas au moment du litige.

Combien de variantes du rami se jouent en France ?

Le rami n'a pas de fédération qui fixerait une règle officielle, et c'est pour cela que les variantes du rami se comptent par dizaines. Quelques versions reviennent pourtant presque partout : le rami 51 des tablées familiales, le gin rami à deux, le rami sec, le rami contrat à manches imposées et, plus récemment, le rami indien popularisé par les applications de rami en ligne. Autour d'elles gravitent des réglages maison, comme l'obligation d'une tierce franche ou un joker interdit dans certaines suites.

Le vocabulaire, lui, reste commun. Une suite aligne au moins trois cartes de la même couleur qui se suivent (7, 8, 9 de cœur) ; un brelan réunit trois cartes de même valeur dans des couleurs différentes, un carré en réunit quatre. Le joker remplace n'importe quelle carte manquante. Celui qui a déjà joué une partie de rami avec ces trois notions sait jouer à toutes les variantes décrites plus bas : seule la mécanique de pose et de comptage diffère. Pour un rappel de la donne, de la pioche et de la défausse dans l'ordre, la page consacrée aux règles du rami classique sans seuil d'ouverture sert de point de départ.

Le tableau des versions les plus jouées

Les réglages ci-dessous correspondent aux usages les plus répandus. Une même appellation recouvre parfois des règles un peu différentes selon la région ou la famille, et le tableau ne remplace pas l'accord passé autour de la table.

VarianteJoueursCartes en mainCondition pour poserFin de manche
Rami 512 à 613 (14 pour le premier joueur)51 points au moins en une foisdernière carte posée ou défaussée
Gin rami210aucune pose pendant la mancheun joueur frappe ou fait gin
Rami sec2 à 613 en généraltoute la main étalée d'un coupmain posée en entier
Rami contrat3 à 6variable selon la manchele contrat imposé à la manchedernière carte jouée
Rami indien2 à 613une suite pure au moins, sans jokerdéclaration d'une main complète
Kalooki2 à 613 en généralun minimum de points ou un contrat, selon la régiondernière carte jouée

Le rami 51, la version des tablées familiales

Le rami 51 est la règle que la plupart des joueurs français ont apprise. Il se joue avec deux jeux de 52 cartes et quatre jokers, soit 108 cartes. Le donneur distribue treize cartes à chacun, puis le premier joueur en reçoit une quatorzième et commence directement par une défausse. Le reste forme la pioche, et la première carte face visible ouvre la défausse.

À chaque tour de jeu, le joueur commence par piocher une carte, dans la pioche ou sur la défausse, puis il peut poser une combinaison et termine son tour en jetant une carte. Tant qu'il n'a pas ouvert, il doit atteindre le seuil d'ouverture : 51 points posés en une seule fois. Les figures (valet, dame, roi) valent 10 points, l'as vaut 1 ou 11 selon sa place dans la suite, le joker prend la valeur de la carte qu'il remplace.

Une fois ouvert, chacun peut compléter les combinaisons déjà sur la table, y compris celles des adversaires, et remplacer un joker posé par la carte qu'il représente. La fin d'une manche arrive quand un joueur se débarrasse de sa dernière carte. Les autres comptent alors les cartes restées en main, et le joker en main coûte cher : souvent plus qu'une figure, selon la règle de la table. La partie s'arrête après un nombre de manches convenu ou quand un joueur franchit un total décidé à l'avance, et celui qui a le moins de points gagne la partie.

Le gin rami, un duel à dix cartes sans joker

Le gin rami, appelé gin rummy dans les pays anglophones, se joue à deux avec un seul jeu de 52 cartes et sans joker. Chaque joueur reçoit dix cartes et ne pose rien pendant la manche : tout se passe dans la main. Les cartes qui n'entrent dans aucune combinaison sont dites mortes, et leur valeur compte contre leur propriétaire.

Quand le total de ses cartes mortes tombe à 10 points ou moins, un joueur peut frapper : il étale son jeu, et l'adversaire tente de placer ses cartes isolées sur les combinaisons montrées. Celui qui frappe sans aucune carte morte fait gin et touche un bonus. Si l'adversaire finit avec un total de cartes mortes inférieur ou égal à celui du joueur qui a frappé, la manche se retourne : c'est lui qui marque. Les règles anglo-saxonnes les plus diffusées fixent souvent la partie à 100 points, un plafond qui se discute avant de commencer.

Le gin rami récompense la mémoire de la défausse plus que la chance. Chaque carte prise face visible sur la défausse renseigne l'adversaire sur la main de celui qui la ramasse, et un joueur attentif devine vite quelles suites il construit.

Rami sec et tierce franche : relever la difficulté

Au rami sec, aucun joueur n'étale de combinaison en cours de manche. Il faut attendre de pouvoir poser toute sa main d'un seul coup, ce qui rend les parties plus tendues : rien ne renseigne sur le jeu adverse avant la fin, et la défausse devient la seule source d'indices. Une manche gagnée au rami sec rapporte souvent davantage qu'une manche ordinaire, puisque les adversaires gardent toutes leurs cartes en main au moment du décompte.

La tierce franche est un réglage plutôt qu'une variante : on l'ajoute au rami 51 ou au rami classique. Elle impose, pour ouvrir, une suite d'au moins trois cartes sans joker, en plus du seuil de points. Cette exigence ralentit les premières poses et donne un vrai poids aux cartes naturelles. Certaines tables y ajoutent l'interdiction de poser deux jokers dans la même combinaison, ou celle de reprendre un joker posé avant d'avoir ouvert. Ces réglages ne figurent dans aucune règle écrite commune : ils se décident à voix haute, au moment de mélanger les cartes.

Rami contrat, rami indien et kalooki : les versions à objectif

Le rami contrat remplace le seuil de points par une série de manches à objectif imposé. À la première manche, il faut par exemple poser deux brelans ; à la suivante, un brelan et une suite ; puis deux suites, et ainsi de suite jusqu'au contrat final, souvent une main entière posée d'un coup. Le nombre de manches, l'ordre des contrats et le nombre de cartes distribuées changent selon les familles, et le détail est expliqué dans la règle du rami contrat, de la donne au décompte final.

Le rami indien se joue à treize cartes, avec deux paquets et des jokers. Son objectif du rami est précis : déclarer une main complète comportant au moins deux suites, dont une suite pure, c'est-à-dire sans aucun joker. Un joker tiré au hasard en début de partie rend jokers toutes les cartes de même valeur, ce qui change le calcul à chaque donne. C'est la version la plus proposée par les applications de rami en ligne, et sa suite pure du rami indien à 13 cartes déroute souvent les joueurs habitués au rami 51.

Le kalooki, enfin, vient de la Jamaïque et du Royaume-Uni. Il se joue lui aussi avec deux jeux et des jokers, et ses règles varient fortement selon le pays : seuil d'ouverture en points dans une version, suite de contrats dans une autre.

Three thirteen, rami 500 et jeux de la même famille

Le three thirteen se dispute en onze manches. À la première, chaque joueur reçoit trois cartes et les 3 sont jokers ; à la deuxième, quatre cartes et les 4 jokers, jusqu'à la dernière manche à treize cartes où le roi sert de joker. Le nombre de cartes grandit à chaque donne, et le joker change à chaque fois, ce qui oblige à revoir sa façon de lire sa main.

Le rami 500 inverse la logique du décompte : chaque combinaison posée rapporte des points à celui qui la pose, et les cartes restées en main en retirent. Le premier joueur qui atteint 500 points remporte la partie. Comme on peut poser sur les combinaisons des autres et ramasser plusieurs cartes de la défausse d'un coup, les manches y sont plus longues et plus calculatoires.

Hors des cartes, le principe des suites et des groupes se retrouve dans des jeux de tuiles. Le Rummikub remplace les cartes par 106 tuiles numérotées de 1 à 13 en quatre couleurs, avec un premier dépôt d'au moins 30 points. Le mah-jong, d'origine chinoise, repose lui aussi sur la constitution de combinaisons, avec un vocabulaire et un décompte propres. Ces jeux de rami au sens large partagent l'idée de départ : former des ensembles plus vite que les autres.

L'okey, souvent appelé rami turc, se joue en Turquie avec des tuiles proches de celles du Rummikub, quatre joueurs qui reçoivent chacun quatorze tuiles ; on y gagne en complétant son chevalet, sans dépôt intermédiaire sur la table. La canasta, née en Uruguay dans les années 1940, appartient elle aussi à la famille : on y forme des paires d'équipiers et des combinaisons de sept cartes de même rang. Ces jeux turc, sud-américain ou chinois montrent combien le principe du rami traditionnel a voyagé.

Comparer le décompte des points d'une variante à l'autre

Le nombre de points n'a pas le même sens selon la variante choisie. Dans certaines versions, les points sont une pénalité que l'on cherche à éviter ; dans d'autres, ils sont le butin que l'on accumule. Mélanger les deux logiques au cours d'une même soirée est la source de dispute la plus fréquente à la table.

VarianteCe que valent les pointsQui gagne la partie
Rami 51, rami secpénalité : cartes restées en mainle plus petit total
Rami contratpénalité cumulée sur toutes les manchesle plus petit total après le dernier contrat
Gin ramigain : écart de cartes mortes et bonusle premier au plafond convenu
Rami 500gain : combinaisons posées, moins la mainle premier à 500 points

Dans toutes ces versions, la valeur de la carte reste la même base : les cartes chiffrées valent leur chiffre, valet dame roi valent 10, l'as change de valeur selon la règle retenue. Pour tenir le compte sans erreur sur plusieurs manches, la méthode pour compter les points au rami en fin de manche reprend le cas du joker et de l'as.

Quelle variante choisir selon les joueurs autour de la table ?

Le choix d'une variante du jeu dépend d'abord du nombre de joueurs. À deux, le gin rami donne des manches courtes et rythmées, où chaque carte de la pioche compte. De trois à six, le rami 51 reste la version la plus simple à expliquer, et le rami contrat prolonge la soirée avec un objectif nouveau à chaque manche.

L'âge et l'expérience comptent ensuite. Avec des enfants, un rami 51 au seuil d'ouverture abaissé, ou sans seuil du tout, permet de poser plus vite et de garder l'attention. Entre joueurs habitués, le rami sec ou la tierce franche obligatoire relèvent la difficulté. Ceux qui jouent surtout sur téléphone découvriront le rami indien, dont la suite pure change la façon de construire sa main.

Le matériel, enfin, oriente la décision. Un seul jeu de cartes sans joker suffit pour le gin rami, alors que le rami 51 réclame deux paquets. Quand la table ne dispose que d'un paquet, il existe des réglages pour jouer quand même à plusieurs, avec moins de cartes et un seuil adapté.

Pour tester une variante avant de l'enseigner à la famille, jouer gratuitement en ligne reste le moyen le plus simple : la plupart des sites et applications gratuits proposent le rami 51, le gin rami et le rami indien contre l'ordinateur, sans mise d'argent. Il suffit souvent de se connecter avec un compte gratuit, en acceptant parfois de la publicité entre deux parties.

Adapter sa stratégie à la variante choisie

Une stratégie gagnante au rami 51 ne vaut pas forcément au gin rami. Au rami 51, la stratégie consiste d'abord à réunir les 51 points d'ouverture sans garder trop longtemps des figures, qui pèsent lourd si un adversaire termine avant vous. Au gin rami, la stratégie repose sur la défausse : défausser tôt les cartes hautes isolées, observer ce que l'adversaire ramasse et frapper dès que le total de cartes mortes le permet, plutôt que d'attendre un gin hypothétique.

Au rami sec, garder ses combinaisons cachées jusqu'au bout fait partie de la stratégie, mais conserver une main trop chargée coûte cher si un autre joueur pose avant. Au rami contrat, chaque manche demande de choisir de nouveau ce qu'il faut garder : une paire utile pour un brelan à la première donne devient inutile quand le contrat exige deux suites. Au rami indien, la priorité stratégique est la suite pure, sans laquelle aucune déclaration n'est acceptée. Pour remporter plus souvent la partie, ces stratégies se travaillent une variante à la fois, et la rubrique des stratégies pour gagner au rami détaille la lecture de la défausse et le calcul des cartes restantes.

D'où vient le rami et pourquoi tant de règles ?

L'origine du rami reste discutée. Les historiens des jeux de cartes, comme David Parlett, rattachent la famille à des jeux de combinaisons joués au XIXe siècle, dont le conquian, joué au Mexique et dans le sud des États-Unis. Le nom anglais rummy apparaît au début du XXe siècle aux États-Unis, et la création du gin rummy est souvent attribuée à Elwood T. Baker, en 1909 ; la version a ensuite connu une grande vogue dans les années 1930 et 1940.

L'histoire du jeu explique la multiplication des règles. Transmis à l'oral, de famille en famille et de pays en pays, le rami traditionnel s'est adapté au matériel disponible, au nombre de joueurs et au goût de chaque table. Aucune instance n'ayant figé une version, les règles du rami écrites dans les boîtes de cartes ou les recueils de jeux décrivent chacune un usage parmi d'autres, et toutes peuvent être justes.

Variantes du rami : les points à trancher avant la donne

Peut-on jouer à plusieurs variantes dans une même partie de rami ?

Oui, à condition de le décider avant la première donne. Le rami contrat en est d'ailleurs la forme la plus organisée : chaque manche impose un objectif différent. Mélanger rami 51 et rami sec en cours de partie, sans accord préalable, fausse en revanche le décompte, puisque les deux versions ne pénalisent pas les cartes en main de la même façon.

Quelle est la variante la plus facile pour débuter ?

Le rami classique sans seuil d'ouverture est la plus accessible : on pose dès qu'une combinaison est prête. Le rami 51 vient juste après, puisqu'il n'ajoute que le seuil de 51 points pour la première pose. Le gin rami paraît simple mais demande de calculer ses cartes mortes à chaque tour.

Le joker est-il utilisé dans toutes les versions ?

Non. Le gin rami se joue sans joker, avec un seul paquet de 52 cartes. Le rami 51 et le rami indien en utilisent, mais le rami indien exige au moins une suite pure, sans joker, pour qu'une main soit valable. Au three thirteen, la carte qui sert de joker change à chaque manche.

Combien de cartes distribuer quand on hésite entre deux versions ?

Treize cartes par joueur conviennent au rami 51, au rami sec et au rami indien. Le gin rami se joue à dix cartes. Au rami contrat et au three thirteen, le nombre de cartes varie d'une manche à l'autre, et il vaut mieux noter la séquence sur la feuille de score avant de commencer.

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